Lune – Séance 1 – Flygende Björn

Quatre cent cinquième entrée – 1032 A.R. – Nekron Kol

Non, on peut pas dire que tout se soit passé comme prévu.

Pourtant, elle n’avait finalement pas grand chose d’inhabituel, cette caravane : Des marchants, quelques migrants, un nombre à peu près adéquat de gardes, une herboriste à priori compétente pour s’occuper d’éventuels blessés, et un manchot (l’humain, pas l’animal) un peu étrange mais visiblement inoffensif. Le seul truc qui sortait de l’ordinaire était donc le forain et son pingouin (l’animal, pas le manchot) dressé. J’ai jamais pu faire confiance à ces créatures : elles sont souvent fourbes, et plus intelligentes qu’elles en ont l’air. Le pingouin, en revanche, rien à signaler à son sujet.

Quelques nuits après notre départ de Sigoh, les deux sœurs responsables de la caravane ont décidé d’installer notre camp près de Korra, un des rares villages forestiers de Nekron Kol. Apparemment d’autres patelins plus au nord avaient brûlé quelques temps avant notre arrivée. Ça aurait dû m’alerter : il ne se passe jamais rien dans cette région.

Le groupe d’hommes en armes qui est arrivé au milieu de la nuit était suspect, mais je voulais éviter une effusion de sang inutile. Nous les avons donc autorisé à s’installer un peu plus loin. Nous n’avions pas prévu l’arrivée subreptice de leurs collègues, découverts cachés dans les fourrés par ma dernière acquisition, et ce au détriment de la future descendance de l’un d’eux. C’est à ce moment là que nos « invités » ont décidé, très impoliment, de se mettre à assassiner tout le monde.

On a réussi à limiter les pertes, notamment grâce à l’inconscience de mon humain de compagnie, mais c’était sans compter sur l’arrivée du gros des forces adverses. Quatre ours ça passait encore, mais avec un guerrier Varl, une salop sorcière et ses incantations surnaturelles, ça devenait un peu compliqué à gérer. J’ai donc paniqué calmement ordonné la retraite, et nous avons fui abandonné le campement afin de nous regrouper dans les bois, tout en sauvant une des sœurs au passage : je comptais bien être payé pour la distance parcourue avant la débandade lui permettre de se venger contre les assassins de sa sœur.

Après avoir traversé la moitié de cette foutue forêt, nous sommes tombés sur un tumulus près duquel nous avons trouvé refuge. Loin de moi l’idée de piller la tombe sacrée d’un ancien noble humain, mais j’ai décidé d’aller explorer la tombe sacrée de cet ancien noble humain accompagné de mon instable propriété tatouée, et d’en retirer les éventuels trésors, clairement plus utiles à notre groupe qu’à leur propriétaire d’origine. C’est ainsi que nous nous retrouvâmes propriétaires d’une belle épée, d’une lance et de quelques pierres précieuses.

Malheureusement, les ours ont de l’odorat. Nous avons pu le constater car les deux bestiaux nous avaient suivi jusqu’au tumulus. Ne disposant de notre côté que du pingouin pour nous assister dans ce combat, j’ai dû prendre les choses en main et attaquer seul un de ces monstres sanguinaires, pendant que le Rat était occupé à se découper un bout du gras du bide. Je le savais bien, que ce type était bizarre.

Ce qui s’est passé par la suite est assez flou. Le rat aurait apparemment empoisonné l’une des bêtes avec sa propre viande, et l’herboriste a dû me faire consommer une de ses plantes bizarres à mon insu, car j’ai cru voir s’envoler l’ours que j’avais vaincu. Par contre, je n’ai pas rêvé quand j’ai entendu cette consommatrice de produits stupéfiants prononcer le mot « Ragnarok » avant de m’évanouir.

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