Quatre cent sixième entrée – 1032 A.R. – Nekron Kol
On va finir par croire que j’ai une dent contre les ours.
Ils s’est écoulé quelques heures après notre affrontement contre les deux bestioles, soit le temps nécessaire pour se remettre de nos blessures et de nos émotions. Nous avons alors pris la décision de repartir vers Rùn Dal, en chassant et cueillant de quoi manger le long de la route. Mon tatoué de compagnie a essayé de nous faire avaler des racines moisies, mais heureusement, certains membres du groupe sont capables de chasser et pêcher. Un seul, en fait.
Nous avons bien fait de rester aux aguets, car cela a permis au Rat de repérer une troupe importante avançant au nord. Probablement vers Rùn Dal, maintenant que j’y pense. Quelque temps après, c’est un deuxième groupe que nous avons pu observer, à l’est, près de la côte cette fois ci. Ce groupe était constitué d’une dizaine de nos assaillants ainsi que de plusieurs membres de notre caravane, probablement capturés dans la forêt après la débâcle le combat.
Nous les avons suivis jusqu’à un village fortifié qui s’avérait être le camp de base de la troupe de connards bandits. Après un bon moment passé à les observer, nous avons fini par décider un plan d’action. Je suis entré dans le village au Sud avec Telia (que nous avions malencontreusement oublié d’informer du très probable décès de sa sœur) afin d’empoisonner un ours dans son enclos, pendant que le reste du groupe escaladait les remparts au nord et enfermait les gardes dans leurs baraquements avant d’y mettre le feu. Jusque là, tout s’est déroulé comme prévu.
Ce qui ne l’était pas, c’était l’arrivée impromptue d’un chevaucheur d’ours géant, et d’un Varl me dépassant d’une bonne tête. Là, les choses se sont un peu accélérées. J’ai fait de mon mieux pour nous débarrasser de l’ours, pendant que mon cher enchaîné s’occupait de son cavalier. Salvya est allée libérer les prisonniers, suivie par le Varl qui lui a fait passer un sale quart d’heure. Pendant ce temps, le Rat visait les bijoux de famille, faisait le mort en se cachant sous les cadavres, et achevait les blessés, avant de recevoir une flèche dans le postérieur. Un exemple de bravoure. Après avoir terminé l’ours au grand désarroi de son propriétaire, ma propriété désormais déchaînée s’est occupée du varl. Il commencerait presque à devenir un bon investissement…
C’est une fois le calme retombé un peu comme le toit des baraques sur les gardes que nous nous sommes rendus compte que nous étions tous plus ou moins en train de décéder.